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Les clés pour parler de ses défauts en entretien d’embauche

03/03/26

Les clés pour parler de ses défauts en entretien d’embauche

Par Linking Talents

Candidat

Conseils

Le recrutement

Dans cet article nous verrons comment utiliser les bons défauts pour un entretien d’embauche et comment répondre le mieux possible aux questions sans se saboter. Mais avant toute chose il faut savoir que c’est une question qui ne se pose pas systématiquement. Parmi nos Consultants en Recrutement, un grand nombre n’a même jamais posé la question « Quels sont vos défauts ? » en entretien d’embauche.


Pourtant, c’est une question qui reste redoutée des candidats. Une recherche d’emploi est un moment de changements, d’incertitudes, rarement confortable, où se valoriser est de mise. Dresser une liste de ses défauts à dire en entretien face à un potentiel employeur n’est pas un exercice facile, s’il vous est demandé, et un candidat qui souhaite assurer ses entretiens préfère se préparer à toute éventualité. En se préparant à différentes questions, et aux plus difficiles, on se sent généralement plus en confiance pour aborder un entretien d’embauche. Aujourd’hui, utiliser un « défaut qualité » pour un entretien et répondre qu’on est « perfectionniste » ne suffit plus et voilà pourquoi cet article va vous aider à vous préparer à cette éventuelle question pour choisir et formuler un défaut intelligemment.

I. Pourquoi les Recruteurs posent la question des défauts ?

La question des défauts en entretien d’embauche n’est pas un piège destiné à déstabiliser le candidat, mais un véritable outil d’évaluation. En réalité, le Recruteur cherche avant tout à mesurer votre capacité d’introspection et votre niveau de maturité professionnelle. Reconnaître un défaut suppose une certaine lucidité, une aptitude à prendre du recul sur soi-même et à accepter que l’on puisse progresser. Cette question permet également d’évaluer votre intelligence émotionnelle : savez-vous identifier vos axes d’amélioration sans vous dévaloriser ? Êtes-vous capable d’expliquer comment vous travaillez à corriger vos points faibles ?

Par ailleurs, le Recruteur analyse la compatibilité entre votre personnalité et le poste proposé. Certains défauts peuvent être anodins dans un contexte, mais problématiques dans un autre. L’objectif n’est donc pas de trouver un candidat « parfait », mais un professionnel conscient de ses limites, engagé dans une dynamique d’amélioration continue et capable de s’adapter aux exigences du poste.

Les Recruteurs posent des questions en entretien non pas pour piéger, mais pour comprendre réellement le candidat au-delà de son CV.
Les questions permettent d’évaluer les compétences, la manière de réfléchir, la capacité d’adaptation et la cohérence du parcours. Elles servent aussi à vérifier l’alignement entre les attentes du candidat et les besoins du poste. L’entretien est avant tout un outil de compréhension mutuelle.
Jean-Louis-Philip Girardet - Directeur du Cabinet Legal & HR Talents

Observer la gestion des points faibles est un indicateur clé du potentiel

Lorsque le Recruteur vous demande de parler de vos défauts, il ne s’intéresse pas uniquement au défaut en lui-même, mais surtout à la manière dont vous le gérez. Autrement dit, souvent ce qui compte n’est pas tant votre point faible que votre capacité à le reconnaître, à l’analyser et à mettre en place des actions concrètes pour progresser.

Un candidat crédible est capable de démontrer qu’il ne subit pas ses défauts, mais qu’il travaille activement dessus. Par exemple, si vous évoquez une difficulté à déléguer, le Recruteur pourrait vouloir comprendre : comment avez-vous identifié ce comportement ? Avez-vous cherché des solutions ? Avez-vous constaté des progrès ? Cette capacité d’amélioration révèle plusieurs qualités recherchées : l’humilité, la remise en question, la volonté d’apprendre et l’adaptabilité. Elle montre également que vous êtes dans une logique de développement professionnel plutôt que dans une posture figée.

La gestion des points faibles est aussi étroitement liée à la manière dont vous réagissez face à l’erreur. Le Recruteur cherche à savoir si vous adoptez une attitude défensive ou constructive. Fuyez-vous vos responsabilités ou analysez-vous la situation pour en tirer des leçons ?

Une erreur peut devenir un levier d’apprentissage puissant si elle est abordée avec maturité. En expliquant comment une difficulté passée vous a permis d’ajuster votre méthode de travail, vous démontrez votre capacité à transformer un échec en progression. Cette posture rassure le Recruteur : elle indique que, même en cas de difficulté future, vous saurez prendre du recul, corriger le tir et continuer à avancer.

En définitive, parler de ses défauts est moins un exercice d’auto-critique qu’une démonstration de résilience et de professionnalisme. Ce que le Recruteur évalue réellement, c’est votre capacité à évoluer ; car dans le monde du travail, ce ne sont pas les candidats sans défauts qui réussissent, mais ceux qui savent les maîtriser.

II. Parler de ses défauts : ce qu’il ne faut absolument pas faire

Parler de ses défauts en entretien d’embauche est un exercice délicat qui peut rapidement se transformer en faux pas si l’on n’y est pas préparé. La première erreur à éviter est de nier toute imperfection en affirmant ne pas avoir de défauts : cette réponse manque de crédibilité et peut donner l’impression d’un manque d’introspection ou d’humilité.

À l’inverse, il est tout aussi risqué de choisir un défaut directement incompatible avec le poste visé ; par exemple, évoquer un manque d’organisation pour une fonction administrative, un manque de rigueur pour un Comptable, ou un stress incontrôlé pour un rôle à forte pression.

Un autre piège courant est de déguiser une qualité en faux défaut. Même France Travail le dit : « Je suis trop perfectionniste : c’est précisément l’archétype d’un défaut-valise qui ne décrit ni contexte ni impact. » (source). Cette stratégie de mentionner un point faible valorisant, c’est-à-dire des défauts qui peuvent être des qualités, est devenue transparente pour la plupart des Recruteurs, peut paraître artificielle et manquer de sincérité.

Enfin, citer un défaut sans expliquer les actions mises en place pour l’améliorer est une occasion manquée : le recruteur ne cherche pas un candidat parfait, mais un professionnel capable d’évoluer. En somme, l’objectif n’est pas de se dévaloriser, ni de se survendre, mais de démontrer lucidité, cohérence et capacité de progression.

Je n’ai strictement jamais posé la question en entretien d’embauche, mais je dirai de ne pas parler d'impatience qui est un défaut compliqué en entreprise. Ça peut laisser penser qu'on gèrera mal la frustration et qu'on peut faire un effet de bombe dans une organisation. Je ne parlerai pas non plus de perfectionnisme, c'est trop connu ! Et surtout quelqu’un qui l'est réellement ne prend pas de décision, ne rend pas à jour ses dossiers… Et enfin, ne surtout jamais dire qu’on n’a pas de défaut.
Quentin Dalessio - Directeur du cabinet Talents Executive

III. Comment choisir un bon défaut en entretien ?

Choisir un bon défaut en entretien d’embauche relève avant tout d’une démarche stratégique et réfléchie. Il ne s’agit ni d’improviser, ni de chercher une réponse « idéale », mais d’identifier un point d’amélioration réel, crédible et compatible avec le poste visé.

La première étape consiste à analyser les exigences du poste et l’environnement de travail afin d’éviter tout défaut qui pourrait constituer un frein majeur à la performance. Ensuite, il est essentiel de sélectionner un défaut que vous avez réellement identifié chez vous : l’authenticité est déterminante, car un recruteur expérimenté perçoit rapidement les réponses artificielles. De plus, un bon défaut doit toujours être accompagné d’une démarche de progression. Il faut pouvoir expliquer ce que vous avez mis en place pour le corriger, ce que vous avez appris et les résultats observés. Autrement dit, le choix ne repose pas uniquement sur la nature du défaut, mais sur votre capacité à démontrer une prise de recul, une logique d’amélioration continue et une cohérence entre votre personnalité et le poste. Préparer cette réponse en amont permet d’éviter l’improvisation et de transformer une question redoutée en véritable opportunité de valorisation.

Structurer sa réponse efficacement : la méthode en 3 étapes

Pour répondre à la question des défauts en entretien d’embauche de manière claire et convaincante, il est essentiel d’adopter une structure simple et logique en trois temps.

  1. Nommer le défaut : commencez par l’énoncer de façon directe et assumée, sans détour ni justification excessive. Cette première étape montre votre capacité d’introspection et votre transparence.
  2. Expliquer le contexte : précisez dans quelles situations ce défaut se manifeste. L’objectif est de le cadrer et de démontrer que vous comprenez son origine ou son impact. Cela permet d’éviter qu’il paraisse généralisé ou incontrôlé.
  3. Montrer les actions mises en place : terminez en exposant les solutions concrètes adoptées pour progresser. C’est la partie la plus importante, car elle prouve votre capacité d’amélioration et votre engagement à évoluer.

Cette méthode transforme une réponse potentiellement risquée en démonstration de maturité professionnelle, en mettant l’accent non pas sur la faiblesse, mais sur la progression.

Un exemple de structure de réponse pour un poste managérial

« L’un de mes axes d’amélioration a longtemps été ma difficulté à déléguer. Quand j’ai évolué vers du management, j’avais tendance à vouloir tout superviser et parfois à reprendre certaines tâches moi-même, par souci d’exigence et de qualité.

Avec le temps, j’ai compris que cette posture pouvait freiner l’autonomie de l’équipe et alourdir ma propre charge de travail. J’ai donc travaillé sur ce point en mettant en place des objectifs plus clairs, en acceptant que chacun puisse avoir sa propre méthode et en instaurant des points de suivi réguliers.

Aujourd’hui, je délègue de manière plus structurée et stratégique. Cela a renforcé la responsabilisation de mes collaborateurs et amélioré la performance collective. Cette évolution m’a appris qu’un bon manager ne doit pas tout faire lui-même, mais créer les conditions pour que son équipe réussisse. »

Cet exemple fonctionne bien pour un manager qui se demande comment parler de ses défauts en entretien car il montre :

  • De l’exigence (qualité recherchée)
  • De la prise de recul
  • Une amélioration concrète (le défaut s’est surtout révélé lors des premiers temps sur le poste)
  • Une vision mature du rôle de manager (ce défaut ne passerait plus s’il était présenté comme étant toujours d’actualité pour un profil confirmé)

IV. Quels types de défaut pouvez-vous citer en entretien d’embauche ?

Quels types de défauts citer en entretien d'embauche

Les défauts de personnalité

Ce sont des traits profonds, relativement stables, liés à la manière d’être. En entretien, ils doivent être présentés comme des caractéristiques canalisées et maîtrisées. Les défauts de personnalité demandent surtout un travail de maîtrise.

Quelques exemples :

  • La timidité professionnelle
  • L’émotivité maîtrisée
  • La franchise directe
  • La compétitivité
  • La curiosité excessive
  • L’ambition marquée
  • La prudence excessive

Les défauts de caractère

Ces défauts sont plus comportementaux, relatifs à la manière d’agir ou de réagir face aux situations. Ils sont souvent plus faciles à faire évoluer, ce qui est intéressant à démontrer en entretien. Les défauts de caractère demandent un travail d’ajustement comportemental.

Quelques exemples :

  • La difficulté à dire non
  • La difficulté à déléguer
  • La difficulté à demander de l’aide
  • La tendance à trop analyser
  • Le stress modéré

Les défauts personnels

Ils touchent davantage à la gestion personnelle qu’à l’impact direct sur les autres. Ils sont liés à l’organisation individuelle ou au fonctionnement interne. Bien expliqués, ils sont rarement éliminatoires. Les défauts personnels relèvent de l’organisation individuelle.

Quelques exemples :

  • Le besoin de planifier
  • L’exigence envers soi-même

Les défauts professionnels

Ces défauts sont directement observables dans le cadre du travail et doivent impérativement être accompagnés d’exemples concrets d’amélioration.

Quelques exemples :

  • Le manque d’expérience spécifique
  • La difficulté à déléguer (pour les managers)
  • La difficulté à dire non (impact sur la charge de travail)
  • La tendance à trop analyser (impact sur la prise de décision)

V. Liste de défauts à citer en entretien (avec explications)

Si vous croisez des recruteurs qui vous demandent de citer 3 qualités et 3 défauts, ou qui vous challengent avec 5 qualités et 5 défauts en entretien, vous pourrez vous préparer grâce aux défauts de la liste ci-dessous et en appliquant la méthodologie présentée plus haut dans cet article. Ainsi, si l’on vous demande quels sont vos défauts, ces exemples de réponses sont très intéressants à développer dans le cadre d’un entretien d’embauche.

Découvrez notre top 10 des défauts pour un entretien d’embauche

Défauts Définitions Pourquoi c’est acceptable
La difficulté à déléguer Tendance à vouloir garder le contrôle sur certaines tâches. Elle reflète souvent un fort engagement et un sens des responsabilités, surtout si vous travaillez à renforcer la confiance et la structuration.
L’exigence envers soi-même Se fixer des standards élevés. Cela démontre ambition et recherche de qualité, à condition d’éviter l’autocritique excessive.
La timidité professionnelle Réserve dans les prises de parole en public ou les nouveaux environnements. Elle peut être compensée par la préparation et l’expérience. Elle est souvent perçue comme sincérité plutôt que faiblesse.
La difficulté à dire non Tendance à accepter trop de sollicitations. Cela montre implication et volonté d’aider, si vous expliquez avoir appris à prioriser.
La tendance à trop analyser Approche analytique poussée avant décision. Valorisé dans les métiers stratégiques, si vous montrez savoir arbitrer rapidement.
Le besoin de planifier Difficulté avec l’improvisation totale. Gage d’organisation et d’anticipation, à condition de rester flexible.
La compétitivité Goût pour la performance et les résultats. Pertinent en environnement commercial, à condition de valoriser l’esprit d’équipe.
La difficulté à demander de l’aide Tendance à vouloir résoudre seul les problèmes. Signe d’autonomie, à condition d’avoir appris à solliciter l’équipe.
L’émotivité maîtrisée Sensibilité aux tensions ou aux critiques. Elle peut être liée à l’empathie, essentielle en management ou en relation client.
La prudence excessive Besoin d’analyser avant d’agir. Dans certains contextes (Finance, Gestion, Juridique), cela peut être un atout si vous montrez que vous savez décider quand il le faut.

D’autres idées de défauts pour les étudiants et jeunes diplômés

Chez un candidat en début de carrière, les recruteurs n’attendent pas la perfection. Ils évaluent surtout le potentiel, la capacité d’apprentissage et la maturité. Certains défauts sont donc non seulement acceptables, mais presque logiques à ce stade.

Le manque d’expérience

Le manque d’expérience est un défaut naturel pour un étudiant ou un jeune diplômé. Il ne s’agit pas d’un défaut de personnalité, mais d’une réalité liée au parcours. La clé consiste à ne pas le présenter comme une faiblesse subie, mais comme une phase transitoire.

Ce qui rassure le recruteur, ce n’est pas l’expérience accumulée, mais la capacité à apprendre rapidement, à demander du feedback et à progresser. Un jeune profil peut expliquer qu’il compense son manque d’expérience par sa curiosité, sa capacité d’adaptation et son engagement. Bien formulé, ce « défaut » devient un signal d’honnêteté et de motivation.

La difficulté à prioriser

En début de carrière, il est fréquent d’avoir du mal à hiérarchiser les tâches. Tout semble urgent et important, surtout lorsque l’on souhaite faire ses preuves.

Reconnaître cette difficulté montre une capacité d’analyse. L’essentiel est d’expliquer les outils ou méthodes mises en place pour progresser : planification hebdomadaire, matrices de priorisation, demandes de clarification auprès du manager. Ce défaut est acceptable car il reflète un manque d’expérience dans la gestion de la charge de travail, une compétence qui s’acquiert avec le temps.

D’autres exemples de défauts pour les profils confirmés

Pour un candidat expérimenté, les attentes changent. Le recruteur évalue davantage la posture, le leadership et la capacité d’adaptation. Les défauts cités doivent refléter une vraie réflexion sur son évolution professionnelle.

La tendance à vouloir contrôler

Chez un profil confirmé, et encore plus chez un manager, la volonté de tout superviser peut apparaître. Elle est souvent liée à l’expertise et au souci de qualité.

Cependant, elle peut freiner la délégation et l’autonomie des équipes. Présenter ce défaut de manière mature consiste à expliquer comment on a appris à faire confiance, à structurer le suivi plutôt qu’à intervenir directement, et à responsabiliser les collaborateurs. Ce défaut est acceptable car il découle souvent d’un fort engagement professionnel. Ce qui compte, c’est la progression vers un leadership plus collaboratif.

La difficulté à changer d’habitudes

Avec l’expérience viennent aussi des méthodes bien ancrées. Un professionnel confirmé peut reconnaître qu’il lui faut parfois un temps d’adaptation face à de nouveaux outils, processus ou environnements.

Admettre cela démontre lucidité et humilité. L’important est de montrer une capacité à évoluer : formation continue, veille professionnelle, ouverture aux nouvelles pratiques. Ce défaut est crédible et rassurant s’il est présenté comme un effort conscient d’adaptation plutôt qu’une résistance au changement.

La conclusion de Linking Talents

Grâce à cet article nous espérons que chaque candidat(e) sera en mesure de sélectionner 3 défauts pour un entretien et qu’il ou elle pourra bien les présenter pour en faire une force. Il faut retenir qu’on n’utilise plus de « défaut qui peut être une qualité » et qu’on se prépare à l’avance à répondre avec sincérité à la question tout en présentant des axes d’amélioration.

Même si la question n’est pas toujours posée en entretien, la préparer reste un bon exercice. Nous vous recommandons vivement d’effectuer ce travail d’introspection. N’oubliez pas que l’entretien d’embauche est à double sens. Si vous êtes un véritable perfectionniste, une entreprise qui prône la rapidité ne vous conviendra pas. Et si vous êtes ambitieux, assurez-vous que le poste propose des évolutions. Bien se connaître c’est le premier pas pour bien se vendre et trouver l’entreprise qui vous convient.